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Alsace en cabriolet : la Route des Vins à ciel ouvert
Photo de Christoph Birken sur Unsplash
Découverte 3 min de lecture

Alsace en cabriolet : la Route des Vins à ciel ouvert

AuteurL'équipe Vin-Web
Publié le7 juin 2026
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170 kilomètres de villages à colombages, de grands crus et de winstubs : en juin, la Route des Vins d'Alsace se savoure capote baissée, entre Marlenheim et Thann.

Il y a des itinéraires qu'on parcourt, et d'autres qu'on déguste. La Route des Vins d'Alsace, inaugurée en 1953 et toujours championne toutes catégories du tourisme viticole français, appartient à la seconde famille. En juin, quand les vignes ont fini leur floraison et que les terrasses des winstubs débordent jusque sur les pavés, ces 170 kilomètres entre Marlenheim et Thann offrent peut-être le plus beau road trip œnologique de l'Hexagone. À condition de prendre son temps : trois jours sont un minimum, une semaine un luxe raisonnable.

Marlenheim-Barr : l'entrée en matière

On démarre au nord, à Marlenheim, où le Pinot Noir signe ses lettres de noblesse sous l'appellation Vorlauf. La D422 file ensuite vers Molsheim, Obernai et Barr, dans une succession de villages dont chacun mériterait sa journée. À Mittelbergheim, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, le grand cru Zotzenberg est l'un des rares lieux où le Sylvaner accède à la dignité suprême — une curiosité à goûter chez Albert Seltz, qui s'est fait l'apôtre de ce cépage longtemps méprisé.

Conseil de saison : en juin, les vignerons sont moins accaparés que pendant les vendanges. Beaucoup acceptent encore des dégustations sur rendez-vous pris la veille. Téléphonez le matin pour l'après-midi, c'est souvent la bonne fenêtre.

Le cœur battant : de Ribeauvillé à Colmar

C'est ici, sur une trentaine de kilomètres, que se concentre l'imaginaire alsacien. Ribeauvillé, Riquewihr, Kaysersberg, Turckheim : un chapelet de cartes postales qui flirteraient avec le kitsch si la qualité des vins ne ramenait pas tout le monde à la raison. Le grand cru Schoenenbourg de Riquewihr, où Hugel et Deiss s'expriment sur Riesling, mérite un détour à pied entre deux dégustations.

Astuce de route : évitez Riquewihr entre 11h et 16h en haute saison. Garez-vous à Hunawihr, traversez les vignes à pied (vingt minutes, vue imprenable sur le château de Reichenstein), et redescendez quand les cars repartent.

Colmar, étape gastronomique

Petite Venise, marché couvert, et surtout une densité de bonnes tables qui justifie une nuit sur place. Le JY'S de Jean-Yves Schillinger reste une valeur sûre, mais les jeunes cuisiniers du quartier des Tanneurs proposent désormais des cartes de vins natures qui dépoussièrent l'image parfois corsetée de la région.

La pointe sud, plus sauvage

Au sud de Colmar, le rythme change. Eguisheim, Pfaffenheim, Westhalten : les villages s'espacent, les vignes grimpent plus haut sur les contreforts vosgiens, et les grands crus se font géologues — Hatschbourg, Goldert, Zinnkoepflé. À Thann, terminus officiel, le grand cru Rangen plonge vers la Thur dans une pente vertigineuse de schistes volcaniques. Zind-Humbrecht et Schoffit y signent des Rieslings et Gewurztraminers d'une minéralité presque austère, parfaits pour conclure le voyage sur une note sérieuse.

Le bon réflexe juin : les marchés de producteurs hebdomadaires (Bergheim le mardi, Eguisheim le mercredi) regorgent de munster fermier, asperges du Ried et fraises de Plobsheim. De quoi composer un pique-nique au cœur des vignes — la meilleure façon, finalement, de comprendre ce que terroir veut dire.

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