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Grêle du 14 juillet : le Beaujolais compte ses grappes meurtries
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Actualité 3 min de lecture

Grêle du 14 juillet : le Beaujolais compte ses grappes meurtries

AuteurL'équipe Vin-Web
Publié le3 juillet 2026
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L'orage du soir de la fête nationale a ravagé plusieurs centaines d'hectares entre Villié-Morgon et Fleurie. Les vignerons évaluent l'ampleur d'un millésime qui s'annonçait pourtant prometteur.

Il aura suffi de vingt minutes. Vingt minutes d'un orage d'une violence inouïe, le soir du 14 juillet, pour transformer les coteaux du Beaujolais en champ de bataille végétal. Alors que les Français levaient leur verre aux feux d'artifice, les vignerons de Morgon, Fleurie et Chiroubles regardaient, impuissants, des grêlons gros comme des balles de ping-pong hacher menu leurs espoirs de récolte.

Un couloir de désolation entre Villié-Morgon et Fleurie

Selon les premières estimations communiquées par l'Union des Vignerons du Beaujolais ce mercredi 15 juillet, ce sont près de 800 hectares qui seraient touchés, dont 250 à plus de 80%. Le couloir de grêle a suivi une trajectoire nord-sud presque chirurgicale, épargnant miraculeusement Brouilly et Côte de Brouilly, mais s'acharnant sur les crus du centre.

« On avait rentré les vendanges en vert la semaine dernière, on parlait d'un millésime lumineux. Ce matin, j'ai des ceps hachés jusqu'au vieux bois », soupire Étienne Dubost, vigneron à Villié-Morgon, joint par téléphone au milieu de ses parcelles. Autour de lui, le sol est jonché de feuilles déchiquetées et de baies vertes, prématurément arrachées.

Un millésime 2026 qui jouait pourtant les premiers de la classe

L'ironie est cruelle. Après une floraison parfaite en mai, une canicule de juin qui avait fait avancer les bans des vendanges, et une véraison précoce annoncée pour fin juillet, 2026 avait tout du millésime à marquer d'une pierre blanche. Les vignerons parlaient déjà d'un « grand gamay », comparable au mythique 2015.

« C'est le paradoxe climatique de notre époque », analyse Marie Lapierre, œnologue-conseil dans le Rhône. « On gagne en maturité ce qu'on perd en sérénité. Les orages de chaleur deviennent la roulette russe estivale du vignoble français. » En 2024, c'était Chablis. En 2025, la Champagne. En 2026, le Beaujolais tire la carte noire.

Assurances, filets et solidarité : l'après-grêle s'organise

À la Maison des Beaujolais, les téléphones n'ont pas cessé de sonner depuis mardi matin. La cellule de crise mise en place par l'interprofession coordonne les déclarations de sinistre auprès de Groupama et des autres assureurs récoltes. Les experts sont attendus dès la fin de la semaine.

Certains domaines, équipés depuis 2023 de filets paragrêle subventionnés par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, s'en sortent nettement mieux. Une preuve, s'il en fallait, que l'investissement dans ces dispositifs — encore boudés par une partie de la profession pour des raisons esthétiques — devient une question de survie économique.

La solidarité, elle, joue à plein. Des vignerons du Mâconnais ont déjà proposé de vinifier en commun les raisins des confrères les plus touchés. Une initiative qui rappelle celle mise en place après le gel noir d'avril 2021.

Et le Beaujolais Nouveau, dans tout ça ?

La question brûle les lèvres de tous les cavistes de France. Réponse prudente d'Étienne Dubost : « On aura du Nouveau. Moins, sans doute, mais on en aura. Le gamay est une vigne coriace, elle repartira. » Rendez-vous donc le troisième jeudi de novembre, avec un millésime qui aura, cette année, le goût particulier des vins qu'on a failli perdre.

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